Dossier Console · 2026-07-27
Une seule console, un pari technique à contre-courant : comment la Nintendo 64 a redéfini la 3D.
Écrit par Cédric
Contrairement aux autres générations de cette collection, celle-ci ne réunit qu'une seule machine : la Nintendo 64.
Ce n'est pas un hasard éditorial, mais le reflet d'un choix industriel : Nintendo a délibérément pris le contre-pied de toute l'industrie au moment où elle basculait vers le CD-ROM.
Voici l'histoire de cette génération à part.
Quand la Nintendo 64 sort en 1996, Sony et Sega ont déjà basculé leurs consoles vers le CD-ROM depuis deux ans. Nintendo, seule, choisit de conserver la cartouche — un choix technique si structurant qu'il justifie de traiter cette console comme une génération à part entière plutôt que de la ranger simplement dans la case "32 bits".
Ce choix n'est pas anodin : la cartouche offre des temps de chargement quasi instantanés, contre plusieurs secondes voire dizaines de secondes pour un CD-ROM de l'époque. Nintendo mise sur la fluidité de jeu plutôt que sur la capacité de stockage.
Le revers de la médaille est lourd : coûts de production plus élevés, capacité de stockage bien plus faible, moins de place pour les cinématiques — autant d'arguments qui poussent plusieurs éditeurs tiers majeurs, à commencer par Square et sa série Final Fantasy, à rejoindre PlayStation.
La manette de la Nintendo 64, avec son design à trois branches jugé étrange à l'époque, introduit une innovation majeure : le stick analogique, qui permet un contrôle fin et progressif du mouvement — impossible avec une simple croix directionnelle.
Cette invention va s'imposer comme un standard incontournable de toutes les manettes de jeu vidéo modernes, toutes marques confondues.
Dès le lancement, Super Mario 64 redéfinit ce que signifie un jeu de plateforme en 3D : caméra dynamique, exploration libre en monde ouvert, mouvements analogiques précis. Il influence directement le langage du jeu vidéo 3D pour des décennies.
The Legend of Zelda: Ocarina of Time, sorti en 1998, introduit le système de ciblage "Z-Targeting", devenu depuis un standard des jeux d'action-aventure en 3D. La console profite aussi du travail du studio britannique Rare, auteur de GoldenEye 007, Banjo-Kazooie et Perfect Dark, parmi les titres les plus marquants de la machine.
Malgré une ludothèque plus réduite que celle de la PlayStation, la Nintendo 64 laisse un héritage disproportionné par rapport à son volume de ventes : elle a posé, en une seule génération, les bases du jeu de plateforme 3D moderne et du contrôle analogique qui équipe aujourd'hui toutes les manettes du marché.
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Écrit par Cédric
Publié le 2026-07-27